03.05.2007

ROUMA

Tourne, tourne ma roue...

 

J'ai attendu toute la journée que ton soleil se lève pour m'éclairer,

J'ai attendu mais en vain...Mais en vain...

Je reste dans une obscurité qui m'enveloppe peu à peu, cela tombe bien, car je veux désormais me cacher.

 

Et tourne, et tourne mon bonheur , telle une roue qui semble m'écraser.

 

J'ai attendu toutes ces heures ta lumière, mais le jour décline déjà...

Me voici espérant comme une dévote, le retour de mon seigneur dont la croisade ne s'achèvera jamais.

 

Et tourne, tourne mon bonheur, telle une roue qui entame son cycle destructeur.

 

J'ai oint mon âme d'une huile d'avenir, mais le typhon de mes pleurs en a balayé la consistance.

Le bâton de patience sur lequel je m'appuyais est désormais poussière, et les grains de sable qui, jadis roulaient sous nos corps nus s'entêtent maintenant à se perdre dans leur océan de mépris.

Tout s'acharne à me crier qu'il ne reste rien de nous, même pas les souvenirs et les espoirs.

 

Tourne, tourne mon bonheur, telle cette roue qui broie et anéantit mon être.

 

DILEMMA

12.02.2007

Angeles

Entre les deux rives brumeuses de la vie,

Crois-tu à l'existence d'une chance pour moi ?

 

Pour chacun de nous, à un moment donné,

Ce grand disque lumineux s'effrondre dans l'horizon opaque qu'est la perte de soi.

Il se noie, et le vent mélancolique balaye l'herbe jaunie par le sel des larmes,

Sur les plaines désormais inaccessibles pour toi et moi...

 

Crois-tu à la vie des anges, dis-moi ?

 

Mon soleil erre dans un enfer sans nom.

Faut-il obligatoirement se perdre pour acceder à l'entière dignité ?

 

Dans sa quête du renouveau, il me rapporte que parfois,

Les flammes perverses qui l'ont tant abîmé dans le feu rénovateur,

Sont affaiblies par le battement d'ailes d'anges invisibles.

Il me semble en effet sentir ce vent sur mon visage, ma fièvre chuter.

 

Vais-je enfin apercevoir l'Aurore des Anges de ma fenêtre de verre ?

 

DILEMMA

24.09.2006

AINSI, NOUS SOMMEILLONS...

...Nous sommes tous des ombres dans la nuit. Egaux devant la vie qui s'endort péniblement.

Nous sommes tous des ombres après minuit, égaux devant nos démons et nos peurs, égaux face à la mort qui s'infiltre dans nos veines écarlates, telle une eau froide.

Tous égaux devant la vie qui nous juge à son heure.

Et nous prions, supplions, pauvres brumes que nous sommes, en oubliant nos infamies, nos actes diurnes ; en oubliant que nous avons jugé avant d'être jugés.

Nous gémissons et promettons, mais lorsque le jour se réveille de notre procès,

nous oublions et recommençons ; nous blasphémons cette égalité qui se retranche dans la pénombre,

en attendant la nuit qui nous punira.

DILEMMA

06.06.2006

FEUILLETON DILEMMESQUE

FANATO

DERNIERE PARTIE

 

Situé à quelques pas de là, le pavillon se profila bien vite. Sans gêne, et sans aucune timidité inutile, Nathalie me fit bien vite entrer en ne cachant pas son intention de coucher avec moi. Sans me laisser le temps d'observer l'environnement dans lequel je venais d'aterrir, elle s'empressa de me conduire dans ce qui était manifestement sa chambre. Je portais tellement peu attention à son numéro d'allumeuse débile, que je fus surpris de la retrouver à califourchon sur moi, à moitié nue, la face hilare, près à me convaincre qu'elle était une amante hors pair. Ecoeuré, à l'idée de coucher avec elle, je la repoussai violemment. Sans lui donner le temps d'exprimer sa réprobation, je sautai sur elle, et l'étranglai sans autre forme de procès.

Quelle paix !

Sa mort ne me procura aucun plaisir : bien au contraire, l'insignifiance de l'être pourrissait la liberté de mon acte. Elle mourut, là, sur ce lit où elle s'était abandonnée à tant d'hommes. La vie est surprenante, vous dis-je...Le lieu où elle avait perdu toute dignité lui servait de sépulture.

Sans m'attarder, je sortis de la chambre pour fouiller cà et là...En réalité, je cherchais sa chambre...La chambre de Rebecca. Elle était située à l'autre bout d'un étroit couloir. Sans perdre une seconde, j'entrai. Mon coeur ne supporta pas la pression du lieu, et les gouttes de sueurs acides qui perlèrent bientôt mon front, témoignaient de l'exitation et l'impatience qui ramolissaient pathétiquement mon corps impérial. Je sentais sa présence : son parfum capiteux flottait dans la pièce et s'entêtait à faire languir chacun de mes sens occultes. J'avais la folle impression d'être le profanateur vicieux d'un temple dédiée à une déesse. Elle était là...Mais je ne pouvais pas encore la saisir.

Chaque effluve portait un souvenir d'elle. Je ne pouvais oublier le moment où sa vie m'avait échappé, le contact de sa peau... Ses cheveux... et son odeur... Cette odeur qui me rappelait et ne cessait de tambouriner mon échec ; en fin de compte, au fil des souvenirs, elle devint nauséabonde : elle gangrénait et contaminait l'air dans mes poumons au point de me faire vaciller. C'est l'échec qui me tuait, sa survie, qui, plus que j'amais s'accrochait...à mes dépends.

Alors que je me perdais dans ces flots sombres de l'âme, j'entendis le bruit d'une porte qui s'ouvrait.

C'était elle !

Ses pas, se dirigèrent vers la chambre où je me trouvais ; la porte entrebaillée, me permettais de distinguer une vague silhouette. Je m'enfonçai entièrement dans l'obscurité enveloppante lorsqu'elle ouvrit la porte.

N'allumant pas tout de suite la lumière, elle jeta sur son lit son sac à main et fit voler négligemment ses chaussures. Elle était sur le point d'ôter sa robe lorsqu'elle s'arrêta net. Je sus tout de suite qu'elle avait senti ma présence. La scène me parut se dérouler au ralentit, car elle se retourna très doucement dans ma direction, très calmement. Ne distinguant pas grand chose, elle recula de quelques pas et dit à ma grande surprise :

 

- " C'est vous... C'est vous n'est-ce-pas ? "

 

Je sortis de ma cachette. Elle se précipita frénétiquement sur l'interrupteur et la lumière nous dévoila face à face.

Elle n'avait pas changé : La même beauté, la même prestance me frappèrent encore...malgré la rancune et l'écoeurement que me procurait désormais sa vie.

 

- " C'est vous ! " répéta-t-elle.

 

A ce moment précis, je ne sus quoi dire ; bien sûr, je n'avais pas préparé de discours..mais quand même... Je ne pus sortir aucun mot de ma triste âme...Et pourtant j'avais tellement de choses à dire...à lui dire. Il n'en fut rien : le moment m'enleva cette nécessité.

Le plus surprenant, c'est qu'elle resta là, immobile, muette comme une statue de sel qui allait bientôt se briser sous mes doigts.

Elle ne chercha ni à s'enfuir, ni à donner l'alerte. Rien. Le silence total était tombé sur nous, comme pour louer le moment le plus crucial de la nuit.

Immobile. C'est en immobile et passive proie, que je la tuai ; sans cris, sans heurt, ni même laideur. Fidèle à mes perpétuels phantasmes, sa mort fut à la hauteur de la jouissance que j'avais tant quémandé : Belle.

Je fis une entorse à mes habitudes : Je l'allongeai sur son lit, le visage serein, auréolé par sa chevelure si noire et je partis.

 

Mal m'en pris d'avoir cru que la mort de Rebecca m'apporterais la paix, afin de profiter de la vie avec Saddy et Tanguy : son visage ne me quitta plus, et le sifflement du silence qui avait couronné son cadavre me rendit fou à jamais.

 

 

La vérité-cristal n'existe pas. Il en existe une multitude de nuances plus ou moins obscures, mais jamais à l'état pur.

Il me semble que certaines vérités dévoilées afin de contenter la foule, portent en chacune d'elles, un profond et brutal mensonge qui leur permettent de briller encore un peu plus.

Le mensonge est, que c'est Rebecca qui a gagné en fin de compte.

 

 

DILEMMA

16.03.2006

A venir....

A vous mettre sous la dent, prochainement, une nouvelle intitulée "FANATO"

02.01.2006

Bonne Année...

" Comment savez-vous si la terre n'est pas l'enfer d'une autre planète ? " a dit Aldous Huxley.

Même s'il a mis le doigt dessus et que cette observation refléterais la vérité, il me semble que cette explication n'est pas une excuse pour l'abandon. Même l'enfer rêve d'un paradis digne de lui.

Du poids des hommes, qu'est-ce qu'on est supposé faire ?

Porter, tomber, crier, se relever, durer ou porter, tomber, crier et crever ?

Parce qu'il faut hurler et bouger,

Pleurer en ne perdant pas l'espoir,

Parce qu'il faut marcher malgré nos pieds nus,

Lever le poing mais aussi le diriger,

Parce que nous sommes humains, qu'il faut bien accepter nos faiblesses du passé, du présent pour composer un futur selon chaque vision.

Parce que le simple n'avance pas uniquement en hurlant.

Et même si l'enfer est déjà là, je dis aux pessimistes, que nous sommes condamnés à croire et espérer à un matin qui perdure bien au-delà d'une brume fatale ; que même en enfer, se dessinent monts d'or, plateaux d'argent et gouffres de merde.

Même dans le ce domaine des cornus, les flammes se conjuguent avec l'eau cristalline.

Trouver l'endroit qui nous ressemble, sans trop se bruler les ailes au point d'oublier ce que c'est l'espoir, reste le problème à franchir.

Et si on ne peut choisir, à cause d'un quelconque souffle pestilenciel et cruel, est t-il si fou de faire d'un bout de l'enfer, notre paradis ?

Or, Argent, ou Merde, choisir de gravir ou descendre. L'enfer après tout, c'est peut être de ne pas pouvoir bouger et, subir sans avoir aucun moyen pour reculer ou avancer.

 

 

Bonne année 2006 à vous, mes lecteurs.

 

DILEMMA

24.12.2005

§ JOYEUX NOEL §

Noël....Ah ! le noël de mon enfance, doux souvenir qui me fait monter les larmes et assèche la tristesse.

Je me souviens : Les mille ampoules qui illuminaient les rues se mêlaient à l'éclat du sourire des enfants, impatients et gourmands des douceurs de cette fête. Ah ! Noël de chez moi, en cette fin d'année, dans mon pays d'adoption, celui là même que j'ai choisi pour fuir mes démons, je ne peux que, en ce doux hiver, être mélancolique du noël de mon enfance :

Voyez vous les badauds courirent çà et là, à l'affut du cadeau unique ? Sentez vous, comme moi, les doux effluves du boudin créole, des plats mijotés à l'ancienne pour le plus grand bonheur de tous ! ah ! j'entends les chants en créole et en français remplir les têtes, s'étaler dans le moindre recoin, pousser le plus rébarbatif à la fête populaire !

Et il monte, et il monte le "an nou chanté Noël" de Boislaville, entendez donc ! et mêlez-vous à la liesse des heureux , je vous invite :

 

"Manmaille-la prend cantique-là

pou nous ça chanté Noël

Mêlons nos voix et nos coeurs

et chantons à l'unission

Seul bagage nous ni pou nous

CéNoêl pays nous-a

Pendant deux z'yeux nous ouvè

An nous chanté Noël.

 

Noël !

Quiçà ou poté ba nous ?

Noël !

Vini soulagé nous !

Noël !

Vini pou guéri nous !

Noël !

Vini pou sauvé nous !

Noël !

Vini éclairé nous !

Noël !

Vini fortifié nous !

Noël !

Vini pou béni nous !

Noël !

Vini purifié nous !

 

Pour nous les martiniquais

Période noël la sacrée

Pass nou ni la fo ien dieu

Nous ka fait con les aïeux

Noêl pou nous cé la vie

Noël pou nous cé la joie

Piss ti Jésus ké vini

An nous chanté Noël !"

 

Oui !! et se mêlent petits et grands , croyants et athées, sombres et joyeux, dans l'ombre d'un mythe barbu, tous, chantent et dansent en l'honneur de la fête : les uns espèrent le bonheur, les autres la réussite, certains prient les anges, d'autres encore crient vers le ciel, les insouciants rient, les aveugles s'écrasent encore un peu plus les paupières, les indulgents pardonnent et les égoïsses ripaillent, les riches croulent sous l'or et les pauvres envient, les désespérés quémandent la clarté, les chanceux profitent de l'abondance, les arrogants défilent et les timides se guérissent, mais tous espèrent, tous croient au bien ou au mal, au jour ou à la nuit, au ciel ou à l'enfer, tous tourne la tête vers leurs désirs, même le rien.

Chantez ! encore ! encore ! je suis une enfant exilée, chantez chantez !!! ma terre d'adoption que je l'aime, avec son hiver, et ses vents froids, que j'aime mes dunes et ma mer du Nord, mais je n'oublie pas l'origine de ma naissance, passée dans les jupons de ma mère, à regarder le ciel et à imaginer les anges.

Chantez!!! C'est Noël !

 Car il faut espérer pour ne pas tomber, ne surtout pas tuer l'enfant que nous étions.

 

Joyeux noël à tous mes lecteurs.

Dilemma.

19.12.2005

ASSASSINO !

Assassino !

Tutto hanno portato a mi, cani !

 

Et oui, le vieux, tu n'arrêtais pas de cracher ces mots incompréhensibles : Ils giclaient comme du venin sur toute la famille, où, tu avais fait assoir ta dictature de sale con !

Tu me terrorisais, salaud.

Je n'ais aucun souvenir plaisant de toi. Uniquement celui, où de ton coin sombre, sur ton vieux fauteuil miteux devant la télévision, tu crachais, ordonnais, terrorisais tes victimes : ta famille.

 

Assassino !

Tutto hanno portato a mi, cani !

 

Mais bon dieu, qu'avais-tu à geuler comme çà ?

Tu nous flanquais la trouille avec ta voix criarde, qui résonnait dans cette foutu barraque que je déteste. Aucune pièce ne résistait à tes hurlements.

On redoutait le moment où, subitement, tu te mettrais à hurler, dément au sang, tes insultes sur nous : maman, mémé et moi.

Tes crises rythmaient la maison, la famille, ma vie, c'est bien pour cela que je te déteste.

Contre qui ou quoi, tu hurlais comme ça ?

 

Assassino !

Tutto hanno, portato a mi, cani !

 

Une fois, j'avais demandé à maman pourquoi tu te mettais à hurler et répétais cette phrase que je ne comprenais pas. Je n'ais eu droit qu'à une simple et creuse réponse :

-"Ton, grand-père à souffert en Italie."

Et puis quoi ?

C'est tout ?

A cet instant, du haut de mes dix ans, l'explication n'a pas comblé ma curiosité, vingt-cinq ans après, elle n'excuse en rien, l'enfer que tu nous a fait vivre !

Grand-père. Non, je n'ais jamais ressentis le besoin de t'appeller ainsi. D'ailleurs, tu ne m'aurais pas laisser le temps : tu sortais de ta niche uniquement, pour nous couvrir d'une avalanche d'insultes puis, tu retombais dans un mutisme, encore plus effrayant, les yeux rivés sur la télé.

 

Assassino !

Tutto hanno, portato a mi, cani !

 

Cani..chien..J''ai beau analyser cette phrase, j'ignore ce que tu voulais dire.

Qui traitais-tu de chien ?

Jadis, comprendre tes mots, aurait peut être permis, que tu nous fiches la paix !

Tu m'as cassé, le vieux, sous la honte, la douleur. Tu as exilé mon enfance.

En une phrase, tu as réussis à figer mon innocence.

Te voilà, partit, décollé de ton vieux fauteuil crasseux pour un bond éternel.

La barraque n'est pas devenue calme pour autant. Certainement pour les autres, mais nous trois, sommes condamnés à entendre en boucle ta voix cracher ta haine, ta folie :

 

Assassino !

Tutto hanno, portato a mi, cani !

 

Mais bon dieu !

Que veux dire cette foutue phrase ?!

DILEMMA

12.12.2005

Les gens

Acclamations, fustigations.

Aux antipodes de l'incompréhension,

Condamne moi ou porte moi,

Tout dépend de ton bon vouloir.

Les gens.

Qu'ils vous applaudissent, ou vous sifflent,

Touchent l'égo, caressent l'âme,

D'un vent hypocrite, chaud de mirages.

Sans loi,

Sans foi,

La parole gifle la victime, dans la fièvre ou la caresse.

Les gens.

Masse informe aux mille visages

Peinturlurés de sourire ou de grimaces sinistres.

La passion l'emporte

Sur une réalité claquante.

Les gens !

Qu'ils vous portent ou vous condamnent.

Qu'ils vous supplient ou vous remplacent,

Qu'ils vous chassent ou vous rappellent,

Ils restent l'esprit que l'on croit divin.

 

Clap, clap, clap !

Hou, hou hou !

 

Chants ou injures.

Montré du doigt dans l'ignorance.

 

Les gens,

Sont là pour nous juger

Sans se condamner.

 

 

DILEMMA

Photo :http://karine.leroy.edition.free.fr/fonds_ecran.htm

 

18.11.2005

LE CONTINGENT SOCIAL

Ohé ! Jeunesse désarmée,

Aînés dépassés, petits frères dévoyés.

Ohé ! Parents dépassés, sujets usés.

Travailleurs ankylosés.

Voilà un déclin sournois de stratégie, qui fait plier l'homme déjà perdu.

Dans cet immense armée, qu'est le peuple à terre, nous voici, frères et soeurs de misère : le contingent social.

Il me semble dans ma vision, que nous avons déjà les allures d'une milice peu organisée, certes, mais déjà regroupée par les bras de l'indigence.

Il me semble encore, entendre au loin les cris de charge des hommes en première ligne, sans percevoir, pourtant, leurs paroles inaudibles d'attention.

Et ils avancent, les lieutenants en guenilles, vers un point, une cible dont ils ignorent l'importance, sinon les malheurs qu'elle leur afflige.

J'entrevois aussitôt après ce premier schéma, le rang des va-nu-pieds, squelettiques et décharnés. Ces derniers dans la ligne de mire des généraux, subissent sans relâche la pression du combat. Que reste t-il dans ce tableau cireux, sinon la horde populaire en mal de reconnaissance ?

Ils se traînent ceux-là, ils avancent au fur et à mesure des paroles encourageantes, mais non moins submersibles des commandants, à l'abris des bombes sales.

Je découvre dans un coin de la peinture, des apatrides se joignants au combat sous des drapeaux obscures, tirants péniblements des chars remplies d'excréments belliqueux de l'intolérance diverse.

Au loin, derrière cette meute hétéroclite, je contemple cependant des silouhettes éclairées : des femmes pulpeuses, embrassants leurs enfants jouants dans leurs jupons colorés d'espoir et d'or. Qu'un dieu fasse que leur bonheur ne soit estompé par le fracas qui se prépare.

Quel chef-d'oeuvre ais-je sous les yeux ! Quel est l'artiste fou qui a pu peindre cette réalité mortelle ? Je ne peux que supposer la main qui se cache : Dieu ou Lucifer ?

Je reconnais l'empreinte des deux sur ce dessin fabuleux.

Je ne peux m'empêcher de conclure, que le ciel et l'enfer se sont entendu sur une même esquisse pour défaire et refaire l'histoire.

Il en résulte, de ces jeux de pinceaux colorés, une résistance athée ;

Sans Dieu,

sans Diable,

le contingent social est en marche.

DILEMMA

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